Les Plaideurs

Le texte de la Scène 14 Acte 2 de la pièce de Racine: Les Plaideurs
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Petit Jean.
Arrête! Arrête! Attrape!

Léandre.
Ah! C'est mon prisonnier, sans doute, qui s'échappe!

L'Intimé.
Non, non, ne craignez rien.

Petit Jean.
Tout est perdu... Citron...
Votre chien.. vient là-bas de manger un chapon.
Rien n'est sûr devant lui: ce qu'il trouve il l'emporte.

Léandre.
Bon! Voilà pour mon père une cause. Main-forte!
Qu'on se mette après lui. Courez tous.

Dandin.
Point de bruit,
tout doux. Un amené sans scandale suffit.

Léandre.
çà, mon père, il faut faire un exemple authentique:
jugez sévèrement ce voleur domestique.

Dandin.
Mais je veux faire au moins la chose avec éclat.
Il faut de part et d'autre avoir un avocat;
nous n'en avons pas un.

Léandre.
Hé bien! Il en faut faire.
Voilà votre portier et votre secrétaire:
vous en ferez, je crois, d'excellents avocats;
ils sont fort ignorants.

L'Intimé.
Non pas, monsieur, non pas.
J'endormirai monsieur tout aussi bien qu'un autre.

Petit Jean.
Pour moi, je ne sais rien; n'attendez rien du nôtre.

Léandre.
C'est ta première cause, et l'on te la fera.

Petit Jean.
Mais je ne sais pas lire.

Léandre.
Hé! L'on te soufflera.

Dandin.
Allons nous préparer. çà, messieurs, point d'intrigue!
Fermons l'œil aux présents, et l'oreille à la brigue.
Vous, maître Petit Jean, serez le demandeur;
vous, maître l'Intimé, soyez le défendeur.
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