Les Plaideurs

Le texte de la Scène 3 Acte 2 de la pièce de Racine: Les Plaideurs
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Chicanneau.
Oui? Je suis donc un sot, un voleur, à son compte?
Un sergent s'est chargé de la remercier,
et je lui vais servir un plat de mon métier.
Je serois bien fâché que ce fût à refaire,
ni qu'elle m'envoyât assigner la première.
Mais un homme ici parle à ma fille. Comment?
Elle lit un billet? Ah! C'est de quelque amant!
Approchons.

Isabelle.
Tout de bon, ton maître est-il sincère?
Le croirai-je?

L'Intimé.
Il ne dort non plus que votre père.
(apercevant Chicanneau.)
Il se tourmente; il vous... Fera voir aujourd'hui
que l'on ne gagne rien à plaider contre lui.

Isabelle.
C'est mon père! Vraiment, vous leur pouvez apprendre
que si l'on nous poursuit, nous saurons nous défendre.
Tenez, voilà le cas qu'on fait de votre exploit.

Chicanneau.
Comment? C'est un exploit que ma fille lisoit?
Ah! Tu seras un jour l'honneur de ta famille:
tu défendras ton bien. Viens, mon sang, viens, ma fille.
Va, je t'achèterai le praticien françois.
Mais, diantre! Il ne faut pas déchirer les exploits.

Isabelle.
Au moins, dites-leur bien que je ne les crains guère;
ils me feront plaisir: je les mets à pis faire.

Chicanneau.
Hé! Ne te fâche point.

Isabelle.
Adieu, monsieur.
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